Selon la classification phylogénétique APG, les Ericales rassemblent 7 à 8 familles principales, parmi lesquelles :
Répartition des espèces des Ericales
L’ordre des Ericales présente une distribution mondiale, mais il se concentre surtout dans les régions tempérées humides et les zones tropicales montagnardes.
Les espèces se rencontrent principalement en Asie de l’Est, en Amérique tropicale et subtropicale, ainsi qu’en Afrique australe et dans certaines régions méditerranéennes.
Elles colonisent des milieux acides, pauvres et humifères, souvent en zones maritimes, en landes, en maquis ou en forêts de montagne.
Certaines espèces pionnières participent activement à la formation des sols sur substrats volcaniques ou granitiques.
Description et caractéristiques des Ericales
Les Ericales regroupent majoritairement des plantes vivaces, arbustes ou arbres, rarement des herbacées parasites ou mycohétérotrophes.
Les feuilles sont généralement simples, entières, persistantes ou caduques, souvent coriaces et adaptées aux milieux pauvres en nutriments.
Ces plantes vivent fréquemment en symbiose avec des champignons mycorhiziens, formant des associations indispensables à leur nutrition.
Certaines espèces présentent une hétérotrophie partielle, voire totale chez des genres comme Monotropa.
Les fleurs présentent une grande diversité structurale.
Elles sont généralement actinomorphes, parfois zygomorphes chez les rhododendrons.
La corolle évolue de formes dialypétales vers des formes gamopétales très spécialisées : en cloche, en coupe, en trompette ou urcéolée.
L’androcée comporte souvent deux cycles d’étamines, dont le cycle interne peut disparaître ou se réduire.
Le pollen peut être libéré en tétrades ou en grains isolés selon les familles.
Le gynécée possède un ovaire supère ou parfois infère, composé de plusieurs carpelles soudés.
Le fruit est variable : capsule sèche chez Rhododendron, baie charnue chez Vaccinium ou Arbutus, ou structures intermédiaires selon les lignées.
Les graines possèdent un embryon très réduit entouré d’un albumen abondant.
Familles, genres et espèces représentatifs des Ericales
L’ordre des Ericales regroupe de nombreuses plantes à forte importance économique, alimentaire, médicinale et ornementale.
Dans la famille des Theaceae, le genre Camellia occupe une place majeure :
- Camellia sinensis fournit le thé, l’une des boissons les plus consommées au monde;
- Camellia japonica et Camellia sasanqua sont largement cultivées comme plantes ornementales.
Dans les Sapotaceae :
- Le genre Lucuma comprend des espèces fruitières tropicales comme Lucuma bifera, appréciée pour ses fruits sucrés utilisés en alimentation et en pâtisserie traditionnelle en Amérique du Sud.
- Vitellaria paradoxa produit les noix qui produisent le beurre de karité, largement utilisé en cosmétique, alimentation et pharmacopée traditionnelle.
Le genre Argania est représenté par Argania spinosa (arganier), espèce endémique du Maroc, produisant l’huile d’argan utilisée en cosmétique et en alimentation.
Dans les Actinidiaceae, le genre Actinidia est très important en production fruitière.
Actinidia deliciosa (kiwi) est cultivé mondialement pour ses fruits riches en vitamine C.
Dans les Lecythidaceae, Couroupita guianensis illustre les espèces tropicales spectaculaires, produisant des fleurs et fruits cauliflores très caractéristiques, appelés “boulets de canon”.
Enfin, certaines espèces d’Ericales possèdent un intérêt médicinal ou fonctionnel particulier.
Le genre Synsepalum recense le célèbre “fruit miracle” (Synsepalum dulcificum), capable de modifier la perception du goût en rendant les aliments acides sucrés.