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Des Asteracées sauvages pour un jardin encore plus vivant !

Diversité des Astéracées sauvages

Astéracées : Une famille de plantes très diversifiée

Avec un aspect très naturel, les Astéracées sauvages constituent une transition idéale entre le jardin formel et la campagne environnante.
Les Astéracées (Asteraceae en latin), appelées aussi Composées, forment l’une des plus grandes familles du monde végétal avec environ 1600 genres et 23 500 espèces.

Notre objectif est de vous faire découvrir cette richesse et nos suggestions d’aménagement au service de votre jardin, quel que soit son environnement.

Alors, prenez des notes et suivez-nous dans l’univers des Astéracées sauvages !

Photo ci-dessus : Diversité des asteracées sauvages. De gauche à droite : Salsifis ou Trapopogon pratensis ; Achillea millefolium. Au centre : Arnica chamissonis ; A droite : Chicorée sauvage ou Cichorium intybus ; Camomille allemande ou Matricaria recutita.

Des Asteracées sauvages pour une prairie sage

Complémentaire ou substitut au gazon, selon le goût de chacun, la prairie d’Astéracées sauvages est esthétiquement très reposante.
Elle constitue également un refuge pour la faune (insectes et petits mammifères).
Elle offre tous les avantages d’une véritable prairie dans un jardin.
On y trouve principalement des plantes herbacées vivaces, bisannuelles et annuelles, mais aussi quelques plantes arbustives.

La Chicorée amère ou Cichorium intybus

C’est en été que la Chicorée amère présente de nombreux capitules bleus, reflets du ciel estival.
Vivace et pionnière, Cichorium intybus dresse ses tiges ramifiées (jusqu’à un mètre de hauteur) dans les friches sèches, les prés et au bord des routes où elle apprécie les excès d’azote et ne craint pas le tassement du sol.

Elle aime la lumière et boude ostensiblement son absence.
C’est pourquoi ses capitules restent clos la nuit comme les jours couverts.

Plante rustique, son enracinement profond la rend résistante au froid et à la sécheresse estivale.
Sur des projets de prairies sur de grandes surfaces, elle est un allié avec un mélange d’espèces d’herbacées à choisir selon l’environnement de la parcelle.

  • En sol craignant le sec :Fétuque élevée (ou Dactyle), le Ray gras anglais, le Trèfle blanc, ou Lotier.
  • En situation plus fraîche : Fléole, Fétuque des prés, Ray gras anglais et Trèfle blanc.

Une Asteracée sauvage à la mystérieuse fleur bleue

Chaque jour, la Chicorée déroule le même rituel : elle roule et déroule ses organes de reproduction et en dernier recours et faute de visiteurs, la Chicorée sauvage tente de faire un bébé toute seule !

  • Le stigmate se sépare en deux parties et reste fermé le matin. La fleur est donc virtuellement mâle, le pollen est dispersé.
  • Plus tard dans la journée, le stigmate s’ouvre, les pollinisateurs couverts de pollen peuvent alors le déposer sur la prochaine fleur.
    Ceci évite l’autofécondation et permet un brassage génétique plus important.
  • En fin de journée, le stigmate s’enroule et va lécher le pollen sur la face extérieure. En dernier recours, sans visite de pollinisateur, la plante s’autoféconde.
La Chicorée sauvage dans toute sa splendeur

Attention ! Chez la Chicorée, comme toutes les asteracées : ce que l’on voit sur cette image, ce n’est pas une fleur, mais une inflorescence. De gauche à droite stigmates fermés le matin, au centre stigmates prêts à recevoir le pollen ; à droite le soir les stigmates se referment sur eux-mêmes.

Comment associer la Chicorée ?

Reine de nos prairies tout comme le pissenlit, sa légèreté très graphique et le bleu de ses fleurs allant du ciel clair au ciel couvert en font le soucis de tous les peintres et photographes qui ne réussissent jamais à capturer son attitude gracile.

Accentuez l’effet graphique de cette prairie dans votre jardin en présence du Millepertuis sauvage (Hypericum perfoliatum), des étoiles des Nigelles, des ombelles de l’Aneth jaune chartreuse au milieu des touffes ondulantes du Stipa “cheveux d’ange“.
Tout cet ensemble gracile sera ponctué des tiges dressées et des beaux capitules violacés de l’Onopordon à feuilles d’Acanthe.

Prairie d'Astéracées sauvages
De gauche à droite : Stipa capillata ; Hypericum perfoliatum.
Au centre Cichorium intybus ; Onopodon acanthium. À droite Nigella damascena; Anethum graveolens.

Autre fidèle compagnon de la Chicorée des prés, le délicat Trapopogon pratensis expose avec fierté son élégante structure florale ouverte au soleil pour le plaisir des yeux et des insectes.

Prairie basse d'Astéracées sauvages
De gauche à droite : Trapopogon pratensis. Au centre Trifolium incarnatum ; Centaurea cyanus. À droite Asphodelus fistulosus.

Cette composition basse, pas plus de 60 cm, répond à tout type de sol à condition d’être suffisamment drainant.
Ses beaux capitules jaune
d’œuf contrastent avec la palette délicate qu’offrent le Bleuet, Centaurea cyanus et le Trèfle incarnat, Trifolium incarnatum.

L’ensemble étant équilibré par le blanc immaculé de la Bourrache blanche Borago officinalis ‘Alba’ et des hampes fleuries du gracile Asphodelus fistulosus.

Conseils d’installation des plantes

En tant que plantes de prairie résistantes à la sécheresse, l’ensemble restera vert et coloré en procédant à de légers arrosages en été si les plantes commencent à flétrir ou s’affaisser.
Pour y remédier au moment de l’installation, pensez à bien préparer le sol.

  • Exposer votre future prairie au sud ;
  • Installer votre future dans l’axe d’une fenêtre et loin de tout piétinement ;
  • Protéger la des vents dominants ;
  • Éviter tout engrais ;
  • Appauvrir votre sol en évacuant tout déchet de tonte ou fauchage ;
  • Opter pour la plantation en carrés en mélangeant des mini-mottes à vos semis.

Des Asteracées sauvages au bord de l’eau

Profitez de toute la vigueur des Astéracées sauvages pour créer au bord de l’eau un massif romantique et naturel.

Placez à proximité d’un bosquet d‘Amelanchier canadensis un tapis dense d’Artemisia annua pour son feuillage gracieusement découpé.
Il colonisera les espaces humides au sol profond et lourd du bord d’un étang ou d’un bassin naturel.

Faites-y dépasser ici et là, la haute architecture dressée de l’Angélique dont les grandes ombelles en large étoile blanc verdâtre ou les belles clochettes pendantes du Tabac d’ornement.

En été ses fleurs odorantes pendantes de couleur blanche, se referment au soleil et exhalent leur parfum le soir.
Ensemble, ils s’accorderont avec les hautes panicules blanches et soyeuses du Filipendula ulmaria en fond de massif.

Artemisia en massif composé
De gauche à droite : Artemisia annua ; au centre Angelica archangelica ; Filipendula ulmaria ; à droite Nicotiana sylvestris ; Amelanchier canadensis.

Placez à l’avant de ce coin charmant et romantique un camaïeu soutenu de bleu et de rose.
Choisissez les hampes florales dressées de Primula vialii, celles parfumées du Pétasite et la floraison des Véroniques ou Veronica longifolia au milieu des grappes pendantes rouge cramoisi de l’Amarante.
Vous obtiendrez une floraison abondante d’un bleu intense et un feuillage automnal rouge violacé.

Pétasites en massif frais et coloré
De gauche à droite : Petasites hybridus ; Amaranthus caudatus ; Primula vialii ; Veronica longifolia.

Les Asteracées sauvages ont leur place dans un jardin de gravier

Filles du soleil, les Astéracées sauvages n’ont pas de grandes exigences pour nous satisfaire si ce n’est de la chaleur et un sol bien drainé.
Elles sont idéales pour la création d’un jardin de gravier (pebble garden) même dans de petits espaces en situation difficile surtout en zone urbaine (cour, toit terrasse).
Issu de l’esprit de la rocaille, le jardin de gravier met en valeur l’architecture des plantes dans leur différences et leur contrastes.

L’esthétique des inflorescences des asteracées sauvages y trouve alors toute sa place.
C’est le cas de la Santoline ou Santolina chamaecyparissus et des Anthémis, comme Anthemis tinctoria.

Comment les associer ?

C’est alors que se mêlent leurs floraisons et leurs feuillages dans un camaïeu de teintes douces (du blanc et du gris vert pour les feuillage de la sauge et de la santoline).
Les teintes roses violacées de la réglisse, du Lin et de l’Indigotier.
Le bleu profond à reflet métallique pour la gentiane et l‘agastache.
Et les pointes de jaunes pour illuminer le tout grâce à la santoline et au cœur ensoleillé des anthémis.

N’oubliez pas de mêler çà et là la belle graminée rouge sang de l’Imperata ‘Red Baron’ qui ne dépassera pas les 40 cm de haut pour garder l’esprit d’un jardin contemporain.

Astéracées pour sol sec
De gauche à droite : Santolina chamaecyparissus ; Au centre en haut : Glycyrrhiza glabra ; En bas : Linum grandiflorum rubrum ; à droite en haut Indigofera gerardiana ; Eryngium planum.

Pour leur beau feuillage glauque qui joue avec la lumière et leur floraison légère en été, merci les Astéracées !

Massif caillouteux d'Astéracées
De gauche à droite : Anthemis tinctoria ; au centre en haut :Agastache en bas Salvia canariensis. À droite : Gentiana acaulis ;;Imperata ‘Red baron’.

Asteracées sauvages, conseils de culture

Une bonne préparation du sol est indispensable pour installer pour de longues années votre massif sur jardin de gravier.

Suivez notre Marche à suivre et nos conseils de culture :

  • Enlevez les mauvaises herbes et l’herbe pour créer le massif au moins un mois avant la plantation ;
  • Amendez le sol avec du compost et de la matières organiques pour créer un sol plus riche pour les plantes ;
  • Étalez une couche de paillis organique autour des plantes ;
  • Gardez le paillis à moins 1 à 2 pouces des tiges des plantes pour éviter la pourriture du collet ;
  • Plantez par temps doux et arrosez.

Vérifiez l’humidité du sol trois à quatre fois par semaine pendant la première saison de croissance, en particulier par temps sec.
Après la première saison de croissance, vous pouvez réduire la fréquence des arrosages en vérifiant le sol une fois par semaine, surtout lorsque le temps est chaud et sec.

Pour aller plus loin

Longtemps reléguées dans l’arrière-cour les Astéracées sauvages ornementales ont pourtant de nombreux atouts :

  • Des floraison légères et sophistiquées à la fois ;
  • Douceurs des couleurs jouant avec la lumière ;
  • Un feuillage très graphique.

Elles apportent, grâce à leur légèreté, une note moderne, voire sauvage à tout jardin.
Elles accueillent les beaux jours avec comme compagnons fidèles, abeilles et papillons et restent intéressantes tout au long de l’année.

Alors, vous êtes convaincus ? Félicitations !
Je vous propose donc de poursuivre la découverte de la palette des plantes pour jachère fleurie mellifère. C’est à vous de jouer !

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